mardi 24 avril 2012

De l'avoir et de l'usage

La 1ère fois que j'ai entendu parler de cette distinction, c'était en lisant "L'Art de la Simplicité" de Dominique Loreau.




Qu'est-ce qui se reflète dans nos pupilles de consommatrices? Dans la plupart des cas, le désir de se rassurer, de se sentir belle car on s'identifie bien souvent inconsciemment à des modèles qui guident nos achats... Parfois c'est aussi se noyer dans un océan de nouveautés, qui nous donne l'impression d'une nouvelle peau... plus aimable que celle avec qui l'on compose habituellement.

Qu'est-ce qui différencie l'avoir de l'usage?
L'avoir c'est la possession. L'accumulation, parfois. Bref, cet acte d'achat qui nous amène à remplir nos placards. Parfois c'est raisonnable et justifié, parfois c'est simplement pour combler. C'est un plaisir certes. Mais un plaisir fugace. Car le désir est désirant par nature. Et quand il est comblé il faut trouver... un nouvel objet de désir.

L'usage, c'est l'utilisation de l'objet. Dans le cas des sapes, c'est le fait de les porter. Est-ce que vous avez déjà ressenti ce plaisir (oui, oui) que l'on peut avoir à ne plus réfléchir à ce que l'on va porter car on sait que ce n'est pas trop petit - vieux - moche - court etc... Je trouve qu'il s'agit là de quelque chose de durable, d'un sentiment de satisfaction. En totale opposition pour moi avec le fugacité du désir. C'est moins palpitant. La question de l'excitation de la nouveauté (hannn je vais porter mon nouveau top pour la soirée machin) n'est plus. Mais l'usage apporte une plénitude permettant de se détacher (un peu) de ses questions autour de l'apparence. Ce qui laisse la place pour autre chose. On pourrait le résumer par le concept de nombre de ports (vous savez, quand on calcule le rapport du nombre de port d'un vêtement / son prix d'achat).

Je ne condamne en rien l'avoir. Mais il m'interpelle. Sûrement parce qu'avec les difficultés de la crise, la question du choix se fait de plus en plus présente.

Avez-vous déjà réfléchi à cette distinction?

9 commentaires:

  1. Je débarque de chez Zazou, je tombe sur cet article qui parle d'un des livres qui a le plus changé ma vie, et en plus j'adore tes illustrations et le design de ton blog ! :)
    Dès que j'ai fini mes examens, je vais m'attaquer à la lecture de ton blog en entier (que tu ne t'étonnes pas si t'es stats augmentent d'un coup !).
    Pour ce qui est de l'avoir et de l'utile, j'y avais réfléchi, et je me suis rendue compte que je ne suis pas quelqu'un qui a juste pour avoir. Par contre, ce que j'ai appris, c'est de me séparer de ce que j'ai, une fois qu'ils ne servent plus. Ça fait de la place pour la nouveauté, ou pour faire de la place tout simplement ^^

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    1. @Jade : Wahou, carrément la lecture en entier! Merci :) Je t'avoue que l'art de la simplicité a été carrément été une claque pour moi aussi. Auparavant, je crois que j'ai été dans "l'avoir" pour l'avoir. Collection, besoin de posséder. Et surtout de me sentir "belle". Au fil du temps, j'ai compris qu'il fallait avant tout se questionner sur ce que l'on aime dans son petit corps... Et apprendre à le mettre en valeur!

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  2. Je découvre ton blog, j'ai tout lu et j'adore! Tes dessins sont supers et tes réflexions m'inspirent! J'en suis encore à chercher des réponses à mes questionnements à la fois existentiels et futiles et j'ai trouvé dans tes articles des idées qui pourraient m'aider. Je viens d'acheter "L'art de la simplicité" de Dominique Loreau et j'espère y trouver quelques réponses.

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    1. Fais attention, le problème des questions c'est qu'on ne trouve parfois pas de réponse ;) Blague à part, je suis persuadée qu'il y a un lien entre l'apparence et les questions "existentielles" l'une et l'autre se répondant. Donc non, ce n'est pas futile, c'est une porte comme une autre pour des questions de développement personnel.

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  3. J'adore ton écriture et la manière dont tu croques les mots et les idées. Je place l'être avant l'avoir, mais j'adore que l'avoir dont j'ai usage dise mon être!

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    1. Merci Lou! L'avoir parle de l'être, pour sûr, et avec une facilité déconcertante car il est accessible... très facilement!

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  4. C'est très drôle, ce livre je l'ai acheté un jour de grande déprime, où je le suis jetée dans le consumérisme en guise de consolation. Je me souviens avoir acheté un tas de conneries ce jour-là, qui ne m'ont jamais servi. Après ça, j'ai tellement culpabilisé de la manière dont j'avais acheté ce bouquin que je n'ai plus jamais osé y toucher! Le comble!
    Ceci étant dit, en ce qui concerne l'avoir et l'usage, je me posais justement la question hier devant mon armoire débordante... Je me disais qu'il faudrait quand même que je fasse du tri et/ou que j'arrête d'acheter! Et pourtant, du tri, je n'ai pas réussi à en faire, car je porte tout! Certes pas tous les jours, mais régulièrement, au moins tous les deux mois. Dans ce cas, c'est difficile de faire la distinction. Et puis il y a tous les "on sait jamais". Alors eux ils m'énervent!!! Du coup, je me suis dit que le plus important serait de faire l'USAGE (hint hint!)... d'une armoire plus grande!! :) :) :)
    Hautement philosophique tout cela... Non, au fond de moi, j'aimerais réussir à me délivrer des diktats de la mode et du marketing. Tout un travail de développement personnel, ça! Être bien dans sa peau, oui, même si notre petite robe est un peu élimée, même si on n'a pas les dernières ballerines à la mode, même si on renonce au petit top hypra cool de l'été. Juste bien, parce que le bonheur est ailleurs.

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    1. J'ai déjà remarqué une tendance à consommer plus que de raison dans les moments de déprime. Et après coup, comme toi, une grosse sensation de culpabilité. Parce qu'au final, effectivement, cela ne masque que quelque chose de plus profond..!

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  5. Moi aussi je vais m'y mettre à la lecture toute entière haha, J'adore ton blog, les illustrations, les articles, tout! En effet ce livre m'a l'air intéressant... je distingue souvent l'avoir et l'usage mais essais très souvent de combiner les deux. Je suis une pragmatique mais parfois c'est bien d'être un peu frivole non, juste un peu de l'avoir et pas forcément trouver un usage particulier. Je ne sais pas par exemple les fleurs, j'adore! Mais par rapport aux herbes ou fruits, les fleurs c'est beau tout simplement. Ça me rend de bonne humeur tout en sachant qu'elles meurent dans quelques jours. Mais c'est le fait d'avoir ... Je suis certaine de trouver d'autres exemples mais je vais en rester qu'à cela :)

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